Augmentations salariales : comment décider?
La question des augmentations revient tous les ans et arrive souvent après un temps d’échange avec l’expert-comptable qui donne l'enveloppe à consacrer aux revalorisations salariales.
Mais vient alors une question essentielle : comment utiliser cette enveloppe de la façon la plus juste, la plus équitable et la plus efficace possible ?
La solution la plus simple peut sembler être l’augmentation générale.
- Tout le monde reçoit le même pourcentage.
- Personne n’est oublié.
- La décision est rapide à expliquer.
Sur le papier, cela paraît juste. Mais est-ce vraiment équitable ? Car une augmentation identique ne prendre pas en compte les situations individuelles.
La vraie question n’est donc pas seulement : “De combien pouvons-nous augmenter ?”
C'est aussi : "Comment répartir notre enveloppe pour corriger les bons écarts, reconnaître les bonnes situations, tenir compte du marché et maîtriser l’impact budgétaire ?"
Augmentation collective : simple, mais pas toujours pertinent
Augmenter tout le monde de la même façon peut sembler juste, parce que la règle est identique pour tous.
“Cette année, tout le monde aura +4 %.”
- La décision est lisible.
- Elle donne un sentiment d’égalité.
- Elle évite de devoir arbitrer entre les salariés.
Mais elle n’est pas toujours équitable, car appliquer la même règle à tout le mondre ne permet pas de tenir compte des situations individuelles.
- Un salarié sous-positionné par rapport à ses collègues méritent une rattrapage plus important.
- De même, un salarié qui a gagné en autonomie ou pris de nouvelles responsabilités n’est pas dans la même situation qu’un salarié dont le périmètre est resté stable.
- Enfin, on peut s'interroger sur l'intérêt d'augmenter un salarié qui présente des signes de démotivation évident, qui se désengage ou qui ne contribue pas au bon fonctionnement de l'organisation.
L’augmentation uniforme peut donc envoyer un signal ambigu : quelle que soit l’implication, la qualité du travail ou le niveau de contribution, chacun reçoit la même chose. Ce n’est pas très motivant pour les salariés qui s’investissent, progressent et prennent des responsabilités. À terme, cela peut même créer un risque de nivellement par le bas.
Pour le chef d’entreprise, c’est aussi une question de pilotage budgétaire.
Une augmentation générale répartit les moyens financiers disponibles sur toute l’équipe, sans distinguer les situations. Une approche plus raisonnée permet au contraire de concentrer l’enveloppe sur les priorités : corriger les écarts importants, reconnaître les évolutions réelles de poste, sécuriser les profils clés et fidéliser les collaborateurs que l’on souhaite particulièrement accompagner.
Néanmoins, une augmentation collective peut avoir du sens pour répondre à un contexte d’inflation, pour éviter un décrochage global des rémunérations dans un contexte très concurrentiel ou pour envoyer un signal positif à l’ensemble de l’équipe suite à de très bons résultats par exemple.
Exemple : calcul du coût pour l'entreprise d'une augmentation uniforme de 4%.
- 11 140 € en brut annuel
- 15 819 € en coût total employeur (avec un taux de charges pratonales de 42%)

Augmentation individualisée : des moyens mieux orientés
L’autre approche consiste à répartir l’enveloppe d’augmentation en fonction de critères définis dans la grille salariale.
Cette décision intervient toujours après le rendez-vous avec l’expert-comptable, pour avoir l’enveloppe budgétaire disponible. Et aussi après les entretiens individuels, au cours desquels vous aurez fait le point avec chaque salarié sur son niveau d’autonomie, ses responsabilités et sa contribution à l’organisation.
C’est ce bilan qui vous permet ensuite de positionner correctement le salarié.
Les décisions d'augmentation s'appliquent alors là où ils produisent le plus d’impact.
- Un salarié très sous-positionné peut bénéficier d’un rattrapage prioritaire.
- Un salarié qui a gagné en autonomie ou pris de nouvelles responsabilités peut être revalorisé.
- Un salarié dont le salaire est déjà cohérent avec sa cible ou qui ne progresse pas, peut être maintenu à son niveau de salaire sans augmentation.
Cette approche demande évidemment plus de méthode, car elle oblige à arbitrer. Mais elle permet aussi d’éviter une dilution de l’enveloppe sur toute l’équipe, voir même de faire des économies.
L’augmentation individualisée envoie aussi un
signal de reconnaissance et de responsabilisation à l’équipe. Elle montre que les décisions salariales ne sont pas automatiques, mais qu’elles tiennent compte de l’évolution réelle de chacun : autonomie acquise, responsabilités assumées, contribution à l’organisation et engagement dans le fonctionnement collectif de la clinique. Cette approche valorise les salariés qui progressent, s’investissent et prennent leur place dans l’organisation.
Exemple : calcul du coût pour l'entreprise d'une augmentation individualisée
- 8 000 € en brut annuel
- 11 360 € en coût total employeur (avec un taux de charges pratonales de 42%)

L'augmentation : une décision managériale et une décision stratégique
Décider d’une augmentation salariale n’est jamais un simple calcul.
C’est une action managériale forte.
Elle envoie un signal à l’équipe : un signal de reconnaissance, d’équité, de responsabilisation ou, au contraire, parfois, un signal de flou, d’automatisme ou d’incohérence.
Augmenter tout le monde de la même façon peut sembler plus simple. Mais cette décision ne dit pas grand-chose de ce que l’entreprise souhaite reconnaître, encourager ou corriger.
À l’inverse, une augmentation raisonnée permet de donner du sens à la décision. Elle montre que la rémunération n’est pas uniquement liée à une règle générale, mais qu’elle tient compte de critères observables : le positionnement dans la grille, l’autonomie, les responsabilités, la contribution, les écarts à corriger et les repères du marché. Chacun individuellement, par son travail et ce qu'il apporte à l'organisation, peut progresser.
C’est aussi une décision stratégique
Une augmentation engage la clinique dans le temps. Elle augmente durablement la masse salariale, avec un impact direct sur le coût employeur et sur l’équilibre économique de la structure.
Il ne s’agit donc pas seulement de savoir si l’on veut augmenter. Il s’agit de décider qui augmenter, de combien et avec quel impact budgétaire ?
Une politique salariale structurée permet précisément cela : prendre des décisions plus claires, plus cohérentes, plus équitables et plus soutenables. L’objectif n’est pas de payer le plus cher possible. L’objectif est de prendre les bonnes décisions, avec les bons repères, au service à la fois de l’équipe et de la pérennité de la clinique.
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